jeudi 21 juillet 2011

Ombre à Paupière Bourjois ("boîte ronde")

Boites Rondes, Bourjois, environ 11E


J'ai testé la version 2.0 des ombres à paupières Bourjois, si bien mise en avant dans tous les rayons maquillage des supermarchés. Ayant une bonne image de Bourjois, attirée par ces mignonnes petites boîtes rondes, j'ai sauté le pas et eu envie d'un peu d'excentricité en investissant dans le vert anis pétant (la deuxième en haut en partant de droite).

<--La publicité me promettait ceci (suivre ma jolie flèche à gauche). Le fard n'avait pas de nom, simplement "n°1" de la gamme "saturée". Il existait un vert un peu plus pâle avec lequel j'ai hésité, de peur que celui-ci ne soit trop intense...

Et bien, c'est une belle arnaque. Déjà, le fard est super poudré, et s'effrite au passage du petit pinceau mousse fourni. La couleur est fade, et l'ombre a énormément de mal à accrocher la paupière. Il faut passer et repasser, et ne pas espérer le résultat de la photo à moins de se frotter directement la paupière sur la boite. Quant à la tenue, elle est très médiocre.

Il n'y a finalement que la boite de jolie, et de bien conçue du reste...

Body Shop Review

Cubes Lumière 06
Les soldes aidant, j'ai pu enrichir ma gamme de maquillage Body Shop, qui pour le moment se limitait aux cubes lumières 06 (dans les teintes marrons) et à un fond de teint compact acheté en 2007. Si ce dernier ne me satisfaisait pas (teinte trop jaune, texture trop grasse et boîtier trop "plastique"), les cubes lumières eux sont pour moi un réel bonheur. Quantité ultra généreuse pour une prix très raisonnable (22e le damier) qui fait que 5 ans après la palette n'est toujours pas épuisée, texture irisée, couleur bien pigmentée et excellente tenue ont contribué à propulser pour moi Body Shop au grade de maquilleur et pas seulement de "crémeur", alors que finalement, je ne connaissais rien de leur gamme maquillage. Depuis trois mois, j'ai donc tenté moult produits.


Pour continuer dans les ombres à paupières, j'ai tenté la gamme "Fusion". Un boitier bombé en deux nuances: une première, et une plus petite deuxième plus foncée. Les deux couleurs sont "irrégulières" et parsemées de filets de couleurs différentes. J'ai acheté l'améthyste. La couleur est riche, bien proche de celle de la pierre précieuse, et sur la tenue, il n'y a rien à redire. La forme bombée de la palette la rend en revanche difficile à saisir au pinceau, et donc difficile à bien appliquer en nuances.

Fusion Amethyst
Deux découvertes: les palettes éphémères de la gamme "Brush with Passion". Designées par le London College of Fashion, en plus d'être jolies et originales, Body Shop s'est dépassé sur la couleur et est sorti de son maquillage traditionnel qui manque parfois de diversité. Vendues 22E en avril, elles ont été soldées à 11e en juillet. 

J'avais initialement acheté celle dans les tons roses. Les couleurs ont l'air un peu agressives dans la palette, alors qu'elles sont plus subtiles sur la paupière. Du moins, on peut très aisément en travailler l'intensité. Le gris métallisé est très doux, le noir est facile à tamiser, et le rose est beaucoup "Barbie" qu'il ne le semble, bien qu'un peu pailleté. le blanc est très léger: pratique pour éclaircir le coin de l'oeil, décevant pour celles qui voudraient taper du blanc-blanc. A souligner un grand miroir qui rend la palette très pratique dans un sac, son pinceau personnel, et un mini-crayon khôl noir assez pratique (et doux à appliquer).


Assez satisfaite, je me suis donc laissée séduire pendant les soldes par la palette marron. Qui en fait, m'a beaucoup plus emballée que la rose. Les couleurs chaudes sont vraiment très profondes, très faciles à appliquer, et parfaitement mat et bien intense. Là encore, pinceau "personnel"et cette fois petit khôl marron. 


Et enfin, la révélation qui ne m'a coûté que 6 euros (merci les soldes): la base de teint illuminatrice, toujours de la gamme Brush with Passion. Disponible en deux nuances (une plus claire et une plus foncée), c'est avec elle que je me suis initiée à cette chose dont je n'avais pas encore découvert l'utilité: la base de teint.

Déjà: j'adore le principe du pinceau intégré. Propre, hygiénique, et qui évite de mélanger les différents pinceaux. La base de teint est à appliquer sous le fond de teint. J'ai donc pris sur moi de me pinturlurer le visage. Et effectivement, effet bonne mine assuré. On voyait beaucoup moins que j'avais du fond de teint, ma peau ressemblait à celle d'un bébé, parfaitement douce au toucher. On ne voyait absolument plus mes pores (que je n'ai vraiment pas très gros, mais assez profonds), et mon teint est resté aussi bien toute la journée malgré la clim du travail.
Seul bémol de mon panier Body Shop: le rouge à lèvres "glisse color intense" (gamme qui va être arrêtée visiblement) dans la couleur 66, un corail. La couvrance est moyenne, la couleur, jolie dans la tube, est fade sur les lèvres...

Je retiens donc de tous ces achats que Body Shop est en plein dépoussiérage de sa gamme maquillage, qui, bien que de qualité, manquait d'originalité... et vu les prix avantageux, ça donne envie d'acheter!




dimanche 26 juin 2011

Le Chat du Rabbin

Le chat du Rabbin - le film - est une bien jolie surprise. Avant toute chose, j'ai compris d'où le réalisateur de "Gainsbourg, vie héroïque" a sorti la tête de son Gainsbarre. En effet, Johann Sfar, le réalisateur du film sur Gainsbourg est également le dessinateur de la BD (en cinq tomes) Le Chat du Rabbin. Le Gainsbarre qui hante Gainsbourg dans le film ressemble étrangement au chat.

Le synopsis est simple: le chat d'un rabbin, dans l'Alger du XXème siècle, narrateur de l'histoire, est doté de la parole, et entreprend avec son maître, et d'autres personnages colorés, un périple vers Jérusalem.

Le dessin est très original. La courbe ronde, la douceur de la couleur, ouvrent un monde de délices, gourmand, et généreux: une sorte de temple du "bien-vivre".

Il faut souligner l'excellente bande-originale (hormis la chanson de clôture d'Enrico Macias, qui, à mon sens, vient la gâcher, par toute sa caricaturalité), toute en musiques orientales, qui invite au voyage, et fait pénétrer au coeur d'un monde entièrement construit par Sfar auquel on veut croire.

Ce monde "donne envie", malgré toutes les "mochetés de la vie" que Sfar ne cache pas. En effet, dans cette Alger coloniale où les cafés ne servent "ni les Juifs, ni les Arabes" mais où ces derniers, également rejetés, se rejettent mutuellement, tout n'est pas rose. La bureaucratie française en prend pour son grade, tout comme le fanatisme religieux. Et pourtant, le monde du chat et du rabbin n'inspire que du bonheur et de la joie. L'espoir flotte partout. On ressort du cinéma heureux.

Il convient de noter l'excellence des personnages, et de leurs dialogues. Le chat, au centre, est incroyable, tant il se partage entre un cynisme malin, et une innocence délicieuse. Le rabbin et son cousin l'imam (rien que cette parenté est belle), en vieux monsieurs pleins d'amour sont attachants... et autour d'eux, tous apportent un petit quelque chose de plus, qui rend le film gai et haut en couleurs.

Mais surtout, derrière le dessin animé, derrière l'histoire "mignonnette" et les personnages attachants, se cachent (à peine) toute une série de réflexions profondes.


Sur la religion d'abord. Le chat, lui, est athée. Le rabbin, évidemment, non. Son cousin, musulman, ne croit pas aux mêmes choses que lui, mais se sent lié à lui parce qu'eux croient en quelque chose de commun: Dieu. S'en suivent différentes questions, sur la relation entre les religions, sur la façon de les prendre, sur la nécessité de les croire à la lettre ou de croire en leur fonction étiologique. Aucune réponse n'est réellement apportée. Mais un compromis de toutes ces opinions se forme et mène à un seul résultat: celui de la solidarité entre les hommes.

L'autre réflexion importante porte sur le langage. En effet, le film débute avec la prise du langage par le chat. Puis, ce dernier ne peut plus parler, jusqu'à ce qu'il rencontre le peintre russe, qui sera alors le seul à l'entendre. Enfin, lorsqu'il manque de mourir, il retrouve à nouveau la parole. Il expliquera son soudain silence par la non-écoute de ses maîtres. On ne sait donc pas s'il a réellement parlé, ou si seulement, la communication pour Sfar outrepasse le langage et relève plutôt de l'observation (et d'un échange qui lui est consécutif). Il y a d'ailleurs un passage très intéressant. Le chat raconte qu'avant de parler, il rêvait qu'il courait derrière des papillons, ou qu'il était pourchassé par des animaux plus gros que lui. Or, depuis qu'il parle, il rêve que sa maîtresse meurt, et que son père, le rabbin, sombre dans la dépression. De la part d'un auteur professeur de philosophie, cette anecdote n'est pas anodine, et ouvre à la réflexion sur notre relation avec la mort. Outre qu'elle est culturelle, elle serait donc inhérente à nos sociétés de communication orale. Il est impossible de déterminer ce que Sfar en pense réellement, mais cela invite à réfléchir à ce sujet.

Le Chat du Rabbin est un film plein de sens, qu'il faut sans doute visionner à plusieurs reprises pour en saisir l'étendue de la réflexion. Il sera également bienvenu de lire les 5 tomes de la BD.

lundi 20 juin 2011

Beginners (de Mike Mills)

Beginners est un joli film. Avec une certaine indolence, et une image résolument rétro. Dès le début, le film est situé en 2003. Pour autant, tant les décors, que le grain de l'image, ou la voiture du héros, Ewan McGregor, une vieille Mercedes des années 80 (alors que son personnage ne manque vraisemblablement pas d'argent) participent de cette ambiance surannée, et mélancolique.

C'est un film qui joue avec l'image. Un jeu un peu simple, un peu attendu. Des successions d'images présentes "par association d'idées" à la façon d'Amélie Poulain. Pour autant, malgré la facilité de l'idée, on se laisse prendre, et cela contribue à une atmosphère générale au charme désuet.

Beginners aborde plusieurs thèmes, filés. Le deuil, la maladie, l'arrivée d'une tierce personne dans le processus de deuil, et l'homosexualité. Le synopsis est plutôt simple: Oliver (Ewan McGregor) voit son père de 75 ans lui avouer son homosexualité au décès de sa mère. Le vieil homme lui confie se savoir gay depuis toujours, et avoir "essayé de se guérir" au début. Il décide donc d'assumer sa sexualité, malgré son âge avancé, et rencontre Andy (Goran Visjnic, ancien acteur d'Urgences), plus jeune que lui, et très différent du milieu intellectuel qu'a toujours fréquenté cet ancien directeur de musée. Au décès de son père, Olivier se retranche sur lui-même. Il rencontre alors Anna (Mélanie Laurent), une actrice française. Cette dernière ne sait pas comment se placer par rapport à lui. Elle dira d'ailleurs qu'elle ne sait pas si elle peut combler le vide laissé par le père d'Olivier.

Le film s'ouvre sur Oliver rangeant les affaires de son père que l'on sait décédé. Il repart cinq ans auparavant, par flashback, lorsque ce dernier lui annonce son homosexualité. Dès lors, le film ne fait qu'aller entre trois époques: 2003, où Oliver rencontre Anna, la période 1998-2003 où son père est malade, et l'enfance d'Oliver.

Le film aborde pudiquement l'homophobie du XXème siècle, et la peur de ces nombreux hommes de s'y confronter, et donc de s'assumer. Il n'y a aucune dénonciation violente, aucune critique. Juste cette pointe d'amertume, vécue à travers le père d'Oliver qui se reproche sa lâcheté. C'est une façon très douce d'aborder un sujet d'ordinaire traité avec le feu de la dénonciation. Pour autant, ça ne lui en fait pas perdre de son efficacité.

On vit avec le père d'Oliver le combat contre la mort, la volonté effrénée de la nier, et de la repousser. S'il vit de façon plus intense parce qu'il sait que les jours lui sont comptés, il refuse de voir la mort à terme. Cela semble dire (mais chacun projette son vécu) que la mort annoncée n'y prépare pas plus que la mort brutale. Elle laisse tout au plus le temps d'ajuster son comportement. Mais cela soulève quelques questions: est-ce une bonne chose? Cela permet-il de rester soi, vrai, et de partir comme on était plutôt que comme l'on voudrait être?

Mais le thème principal du film reste le deuil, en l'occurrence, celui d'Oliver. C'est lui qui ouvre le film, et qui le clôt. Là aussi, il est filmé avec beaucoup de pudeur. Il laisse en bouche l'amertume de la solitude, ce sentiment presqu'évanescent, léger, subtil, et surtout, permanent. Il illustre le désoeuvrement dans lequel plonge le deuil.

Or, l'arrivée d'Anna (Mélanie Laurent) dans le film, et dans le deuil d'Oliver est un tournant. Au début, c'est une bouffée d'air. Un élément nouveau. Très vite, les deux personnages s'attachent l'un à l'autre. Leur relation, faite de pitreries, est d'ailleurs très touchante, et lumineuse. Mais c'est là que vient la question d'Anna: puis-je compenser le vide laissé par ce deuil?

La situation est compliquée pour les deux. Pour l'endeuillé qui ne parvient à s'extirper de son deuil, et n'ose pas d'ailleurs le faire. Mais aussi pour "le tiers", impuissant, qui peine à trouver sa place.

Ce sera d'ailleurs la cause de la rupture des deux héros.

Jusqu'à ce qu'Oliver fasse enfin son deuil. C'est symbolisé par l'arrivée du flash-back au décès de son père. En effet, le retracement de l'acceptation de sa maladie par le père est parallèle au propre processus de deuil du fils. C'est alors que la place pour Anna se libère vraiment.

Beginners est réellement un joli film. Tout en charme et en pudeur, avec une délicatesse de l'image, des voix, de la musique, qui se perd dans le cinéma et dans la vie.

jeudi 24 février 2011

(Nixon) (Oliver Stone)

Eté 1974. 


La vie politique américaine est en plein séisme. En effet, suite à la découverte du cambriolage du Watergate, QG du parti opposant, par des hommes de main de Richard Nixon, président des Etats-Unis aux moments des faits, et réelu à leur suite, l'Amérique entière, toujours marquée par l'assassinat de Kennedy, s'ébranle. La guerre du Vietnam, qui fait rage et jamais ne s'achève, sans victoire, sans défaite totale, commence à lasser Outre-Atlantique. La classe estudientine se fait d'ailleurs la voix de ce mouvement pacifiste auquel se greffe le milieu hippie. Richard Nixon est sommé de démissionner par la Commission d'enquête, qui d'un moment à l'autre le "renverra". Il refuse à plusieurs reprises, malgré la colère des citoyens.

Richard Nixon avait pourtant tout pour être l'emblème de l'American Dream. Fils d'un fermier pauvre et d'une mère très croyante, ce qu'il ne se lasse pas de répéter dans ses discours électoraux, il parvient à suivre des études de droit dans une petite université, et devient un avocat apprécié.
Cependant, il se lance dans le politique. Aux côtés de MacCarthy, dont il représente le courant apparemment plus modéré, il tente de dénoncer quelques scandales à l'heure où la peur du communiste envahit l'opinion publique. 


Oliver Stone envisage d'ailleurs à demi-mots sa participation à des actions répressives illégales lors de l'épisode de la Baie des Cochons.


MacCarthy tombe, et Nixon perd sa place dorée dans le monde politique. Il se présente aux élections contre Kennedy, qui le dépasse de peu de voix au prorata. Là encore, il sombre dans l'oubli. Il revient à la fin des années 60, après la mort du frère de Kennedy, et cette fois, il est élu. La guerre du Vietnam est engagée, Nixon ne l'arrête pas. Il rend visite à Mao en Chine, acte hautement symbolique vers la trêve de la guerre froide. Puis le président de l'URSS est invité à Washington. Nixon s'implique, et est l'auteur de bonnes choses. Le scandale du Watergate, qui éclate lors de son deuxième mandat, dénoncé par deux journalistes Bernstein et Woodward du Washington Post, s'appuyant sur les révélations d'un certain "Gorge Profonde", annonce sa fin. Ses membres de cabinet démissionnent. Un grand procès télévisé oblige tous ceux qui auraient approché le président à parler. Certains mentent, mais d'autres avouent. Nixon, lui, réfute.


Oliver Stone a choisi de retracer le parcours de Nixon en s'axant sur les morts qui ont "permis" son ascension au pouvoir. Celles de ses frères, permettant à ses parents de payer ses études, celles des deux Kennedy. Le film est aussi axé sur la vision très Shakespearienne de la spirale de folie dans laquelle tombe Nixon. Ambitieux, jusqu'à en oublier les règles. Menteur, jusqu'à en oublier la vérité. Le Nixon de Stone ressemble beaucoup à un Macbeth moderne, homme intègre qui s'enferme dans une spirale sans fin et sans remords. Le leitmotiv de l'insomnie est ici aussi récurent. Les dernières minutes de Nixon dans le film, où il apparait comme miné par sa propre folie contrastent avec l'annonce publique, sobre, froide, de sa démission, le 9 Aout 1974. Mais surtout, Stone décide d'appuyer le rôle symbolique de pantin des présidents qui n'ont aucune réelle assise, dirigés sans en être conscients par la mafia, les riches influents, qui dépendent de la situation politique et n'hésitent pas à se la créer propice à leurs affaires. On notera par ailleurs le parti pris du réalisateur qui envisage que Kennedy ait été tué sur les ordres des milliardaires de Sud à qui aurait plus profité l'ascension de Nixon. De même qu'il sous-entend aussi certaines malhonnêtetés commises par Kennedy. On peut donc faire tomber un président, mais pas le Système. Pourtant, le Système gouverne le monde, et prend pour visage un président. Pour visage, mais aussi pour bouclier.


Stone dans son film, avance qu'Henry Kissinger, membre du cabinet de Nixon, aurait été Gorge Profonde. 



La vérité n'a éclatée que début 2006. En réalité, Mark Felt, numéro 2 du FBI de l'époque, a dénoncé les écoute téléphoniques du Watergate aux journalistes du Washington Post.

Nixon, accusé de trahison, fut gracié par le président Ford.

mardi 28 décembre 2010

Plagiat!

Chanson moyenne, sur album sous-moyen, mais avec mélodie intrigante:


Version Originale: (écoutez bien l'intro). J'aurais préféré mettre la version de Carmen McRae, où c'est encore plus manifeste, mais elle est introuvable sur le net (sauf ce petit extrait là).

Pour permettre une encore meilleure comparaison, les paroles respectives en anglais et en français.

Certes, il s'agit plus d'une reprise que d'un plagiat. Voire plutôt d'une traduction hasardeuse. Mais quand même.

lundi 6 décembre 2010

Avishai Cohen Trio - Eleven Wives


J'aime Avishai Cohen: parce qu'il mélange légèreté et gravité, avec harmonie. Chacun de ses accords prend forme, un peu comme de la fumée, ou comme une irradiation de lumière. Eleven Wives est un morceau très particulier... Il ne présente rien de l'orientalisme majestueux et onirique fréquent chez Cohen. Il n'est pas léger, pas "virtuose". Il est grave. Eminemment grave. Comme un appel à l'humanité, comme un dernier sursaut avant le désespoir et l'inanité, comme, simplement, une constatation du quotidien.

L'introduction est mélancolique et fuyante à la fois. Elle donne l'envie de courir, loin, de faire sortir toute cette torpeur. L'arrivée des cordes à la rencontre du piano lancinant irrite, et la mélancolie devient étouffement. Puis tout l'orchestre apparaît, et là, tout s'éveille. La fuite devient fureur, la course devient envol. Tout est jeté en l'air, détruit... tout explose. Et là, arrive encore un changement, un ralentissement, une résurgence du piano au milieu des autres. Un moment de douceur. Un moment d'abandon aussi. Une faille. Puis les cordes et la batterie reviennent, toujours avec ce rythme répétitif, violent, et la course reprend, effrénée. Le piano change de rythme et s'accorde à elles, sur de nouvelles notes, comme une acception, une résignation. Et tout le reste du morceau est dualité: entre les rythmes, entre le piano et "ces autres", entre les émotions, entre les départs et les arrêts. La fureur redevient colère, puis la tempête se transforme en tristesse, et tout se tait, sur une dernière note fatiguée, grave, résignée.