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jeudi 4 août 2011

Fastes et Grandeur des Cours d'Europe (Grimaldi Forum, Monaco)

D'ordinaire plutôt satisfaite des expositions d'été du Grimaldi Forum, je clame pour 2011 la déception. 

Fastes et Grandeur des Cours d'Europe me donnait l'idée d'une exposition temporellement riche qui retracerait des époques diverses et justement la construction d'une cour.

L'ambiance de l'exposition était parfaite. Petite musique de chambre, accueil par des rangs de tenue de laquais comme pour une haie d'honneur jusqu'au patio central avec des carrosses...

Ce patio plein de dorures (mais avec un sol en lino qui colle) plonge directement dans le décor. Rond, toute une série de petites salles donnent sur lui.

Chaque salle est découpée en un pays. Premier souci: il faut aller au fond des salles étroites, et faire demi-tour ensuite pour rejoindre le patio afin de savoir dans la salle de quel pays l'on entre ensuite.

Ensuite, ce choix de découpage par pays restreint l'exposition. Le commissaire a du choisir un monarque emblématique par cour. Pour la France, c'est Napoléon, pour l'Autriche Louis II de Bavière... Du coup, l'aspect "grandeur" des Cours est vraiment partiel. Elle manque également de cohérence. On a l'impression que ce découpage par pays a permis de coller des vestiges du règne comme témoins. En effet, hormis une brève présentation de la vie du monarque (ascendance, mariage, adultère et enfants uniquement... aucune inscription réellement historique), et une toile le représentant lui et son/sa consort, c'était principalement de la vaisselle, des vêtements et du petit mobilier qui étaient exposés. Une façon de percevoir l'esthétique de la période, mais en aucun cas d'en comprendre la Cour qui finalement était la grande absente de l'exposition. En effet, jamais on n'y parle de ses codes, de ses membres ou de sa place sociétale.

C'est une exposition qui aurait été plus agréable si elle avait été intitulée "Styles de Vie sous les Royautés Européennes" ou quelque chose de mieux. Là, l'intitulé et les attentes historiques qu'il suscite ne collent pas avec ce qui est exposé. Au final, ça m'a paru être un grand bazar incohérent.

Enfin, il faut souligner l'énorme problème du Grimaldi Forum dont les salles climatisées ne dépassent pas les 19 degrés, ce qui rend la visite insupportable... Et enfin, cette affreuse manie d'interdire les photos m'exaspère au possible !

mardi 28 décembre 2010

Plagiat!

Chanson moyenne, sur album sous-moyen, mais avec mélodie intrigante:


Version Originale: (écoutez bien l'intro). J'aurais préféré mettre la version de Carmen McRae, où c'est encore plus manifeste, mais elle est introuvable sur le net (sauf ce petit extrait là).

Pour permettre une encore meilleure comparaison, les paroles respectives en anglais et en français.

Certes, il s'agit plus d'une reprise que d'un plagiat. Voire plutôt d'une traduction hasardeuse. Mais quand même.

samedi 7 août 2010

Giacometti et la Fondation Maeght


La fondation Maeght, ou l'une des grandes maisons de l'art du Sud de la France.
Première visite pour la "culturée-sur-le-tard" que je suis.

De la villa, je ne ferai que des éloges: une architecture façon villa E.1027 d'Ellein Gray, co-fondatrice de l'architecture moderne avec son voisin et ami Le Corbusier. Une collection d'art moderne désacralisée par sa présence dans le jardin, à la merci du soleil, de la pluie et des regards, ou comment mettre Miro à la merci de la vie.

Si j'étais riche, je voudrais créer une fondation privée, au milieu d'une montagne qui a l'époque était encore authentique et pleine de pins, et uniquement de pins maritimes, à perte de vue, jusqu'à la limite du ciel et de la mer que l'on y aperçoit très bien.

La fondation est payante: c'est sans doute le prix du don. 14 euros pour les adultes, 9 euros pour les étudiants, on est dans les prix lambdas parisiens.

En revanche, si j'avais étudié la propriété intellectuelle  (il faudrait que je m'y penche un minimum, l'enjeu intellectuel et philosophique est quand même fantastique), je saurais peut-être mieux réagir face à ce qui me choque plus que tout: le droit de photographier, payé 5 euros. Si l'on paye l'entrée au musée, c'est pour l'achat qu'il fait des oeuvres, les salaires du personnel, l'entretien des bâtiments. Mais de quel droit la galerie peut percevoir un droit de regard, un droit de cliché, qui ne revient même pas aux artistes?

Une des vues de la fondation


En ce moment, il y a une exposition sur Giacometti.

La richesse de l'expo m'a plu: énormément d'oeuvres, tant de sa jeunesse que de son style défini le plus courant. Des statues, des peintures.

Un placement harmonieux des oeuvres.

Seulement, le visiteur est trop abandonné: pas d'indication, pas de petit panneau pour expliquer la période, le style ou le contexte.

Je suis de celles qui affirment que l'art est avant tout une question de ressenti. Mais c'est aussi un travail intellectuel, qu'il faut recontextualiser pour en trouver tout le concept, même si ce concept est le non-sens, ou le non-concept.

Le Chat (ma préférée)


Le Chien (la plus connue)


La Cage (la plus intéressante selon moi)

jeudi 22 juillet 2010

Travels in the Mediterranean - Cai Guo-Qiang - Mamac, Nice


Le MAMAC (musée d'art moderne de Nice) accueille cet été l'exposition du Chinois Cai Guo-Qiang. Cet artiste est avant toute chose un technicien pyrotechnique de grand niveau. C'est lui qui a d'ailleurs ouvert les JO de Pékin en composant tout un tableau du feu d'artifice.



Cai Guo-Qiang est donc fasciné par la poudre. Ses oeuvres tournent beaucoup autour. Certaines fresques représentent différents types d'impact, associés, dans le cadre de l'exposition, à ses voyages dans le bassin méditérannéen.

S'il a choisi le Mamac, c'est en raison d'une affection particulière pour la Baie des Anges, dont il a réalisé différentes fresques.


Fresque représentant la baie des anges, au dessus d'un grand bassin d'eau jaune
Avant d'exposer lui-même, Cai-Guo a été longtemps commissaire de différentes expositions. Parallèlement à sa carrière d'artiste, il continue de développer différents projets, qu'il y associe. L'une de ses oeuvres les plus connues est le fruit d'une grande expédition: avec des gens de son village, il a récupéré la carcasse d'un bateau abandonné dans les tréfonds.

Il a remonté cette carcasse et l'a travaillée afin d'en faire une oeuvre à part entière qui se promène de musées en musées.